EXTRAITS
DOCTRINAUX
DE
LA
CORRESPONDANCE
GUÉNON / GENTY
(juin 1938 – février 1947)
Le Caire, 7 juin 1938.
Vulliaud a sans
doute raison en principe dans le reproche qu’il adresse au P. Bonsirven ;
mais aujourd’hui combien y’en a-t-il, même parmi les Juifs, qui voient autre
chose que l’exotérisme ? Ils sont sûrement de moins en moins nombreux, au point
de n’être plus que des exceptions… Assurément, ce qui s’est manifesté sous
Philippe le Bel n’a pas dû commencer ainsi tout d’un coup ; mais il semble bien
tout de même que ce soit de cette époque qu’on puisse dater le début effectif
de l’envahissement des bourgeois, c’est-à-dire en somme des marchands, car
c’est bien là proprement leur fonction originelle…
Au sujet du Christianisme,
certains disent que la liturgie en langue syriaque est la plus ancienne de
toutes ; mais est-ce au sens absolu, ou seulement parmi celles qui ont
subsisté jusqu’ici ? D’un autre côté, une langue sacrée est bien autre
chose qu’une simple langue liturgique, de sorte qu’en tout cas cela ne suffit
pas à résoudre la question… Ce qui est véritablement singulier, c’est que, pour
tout ce qui concerne le Christianisme, on se heurte ainsi, à chaque instant, à
de énigmes plus ou moins insolubles !
Le Caire, 17 juillet 1938
Je m’explique très bien que, pour certains
astrologues, il y ait, comme vous le dites, une question de « flair »,
car, étant donné l’état pitoyable de l’astrologie actuelle, on ne pourrait
guère expliquer autrement qu’elle donne des résultats malgré tout ; le thème,
en ce cas, joue en somme le rôle d’un « support » comme un autre…
Mais le cas de la cryptographie me paraît assez différent de celui-là ; il
semble qu’il devrait y avoir là des méthodes assez bien définies, et que, même
si on a opéré le déchiffrement par une espèce de « divination », on
devrait du moins pouvoir ensuite le justifier en indiquant comment le
cryptogramme avait été formé ; or c’est là ce que n’expliquent presque
jamais ceux qui font des recherches de ce genre, de sorte que les résultats
qu’ils énoncent sont généralement invérifiables.
Je ne comprends
pas bien pourquoi on devrait prendre en considération le pôle du Soleil, carc’est forcément par rapport à la terre que tout est envisagé dans l’astrologie ;
ce pôle pourrait-il représenter pour nous un point fixe dans le ciel ? –
Quant à l’inclinaison de l’écliptique par rapport à l’équateur, est-ce que
certains ne l’ont pas considérée comme le résultat d’un accident lié à la « chute » ?
Je ne me souviens plus où j’ai vu quelque chose de ce genre…
Pour le jeûne comme pour bien d’autres choses, il
semblerait en somme que, dans le Catholicisme, on ait laissé les prescriptions
tomber en désuétude sans les abroger expressément ; ce qui serait
intéressant, ce serait de voir vers quelle époque cela a commencé à se
produire. Quant aux Chrétiens d’Orient, ils sont certainement, en général,
restés plus près de ce qui existait anciennement, mais je ne sais si ce que
vous dites au sujet des Chrétiens syriens s’applique à tous ceux-ci
indistinctement, car ils sont divisés en de multiples rites différents.
Pour l’Église
celtique, on dit que les Culdées se rattachaient à l’Égypte, ce qui semblerait
indiquer une dérivation de l’Église d’Alexandrie plutôt que de celle de
Jérusalem. – Quant à la liturgie gallicane, est-ce que certaines particularités
n’en ont pas été conservées jusqu’à nos jours à Lyon ? – Il semble extraordinaire que certaines choses
aient pu disparaître dès le début du IIe siècle ; j’aurais
plutôt pensé que c’était vers le IVe seulement.
Ce qu’on pourrait
objecter au caractère de langue sacrée pour l’araméen, c’est que ce n’était en
somme qu’un dialecte dérivé de l’hébreu et qui semble avoir joué plutôt le rôle
de langue vulgaire.
Ce que vous dites au sujet de Lilith est curieux, mais comment le nom d’Ahriman peut-il se trouver dans des traditions sémitiques ?
Le Caire, 19 août 1938
(…) J’ai encore
pensé à une autre origine possible de l’histoire des « coups de canon » :
ne serait-ce pas Le Couteulx de Canteleu ?
On trouve les jambes rayonnantes au nombre de 3 et de
4 ; dans ce dernier cas, c’est évidemment une forme du swastika, et l’autre (qui se trouve à la fois dans les armoiries
de la Sicile et dans celles de l’île de Man) lui est aussi apparentée. – J’ai vu, parmi des marques de
tailleurs de pierre, [1] et [2], formes qui ne sont qu’une simplification de celles-là.
L’usage de médicaments où il entre du vin ou de
l’alcool n’est interdit par aucun rite islamique (sauf peut-être le rite
hanbalite, qui, pour tout, pousse le « rigorisme » à
l’extrême) ; il est seulement prescrit de se rincer ensuite la bouche 7
fois.
Pour les prescriptions tombée en désuétude dans le
catholicisme, je crois que cela a dû commencer plus tôt que ne le dit votre
collègue, quoique cela se soit sans doute considérablement accentué dans les
derniers siècles ; mais dire que cela n’a aucune importance, voilà encore
qui témoigne d’une singulière méconnaissance des rites, et qui se rapproche
fort de la mentalité protestante !
Pour la question de l’araméen, je me demande s’il n’y
aurait pas en réalité 2 langues différentes désignées par ce même nom :
l’ancien araméen n’était-il pas tout autre chose que ce qu’on a appelé araméen
plus tard ? On appelle bien aussi « syro-chaldaïque » une langue
qui n’a rien à voir avec le chaldéen…
À propos de votre dernier article, il faut que je vous
signale un point qui appelle des réserves : le nom d’Abraham (qui est
d’ailleurs un composé « ab-raham ») ne peut pas avoir de rapport avec
« eber » ; il y a là
encore la confusion de א et de ע, que je me souviens de vous avoir déjà signalée à un autre
propos ; l’insuffisance de l’alphabet latin pour les transcriptions est
bien fâcheuse !
Le Caire, 8 septembre 1938.
Il y a bien des formes plus ou moins complexes qui
sont dérivées du swastika ; les
branches terminées en spirales sont assez fréquentes, ainsi que la forme
« clavigère ». – Quant aux jambes rayonnant autour d’une tête, il est
assez vraisemblable en effet qu’elles aient été l’indice d’un centre
traditionnel, qui peut d’ailleurs évidemment avoir disparu depuis bien
longtemps, car cela doit remonter très loin ; quant à la différence entre
les formes à 3 et 4 jambes, je n’ai jamais vu nulle part aucune indication
là-dessus.
Je ne crois pas plus que vous que les Phéniciens aient
jamais exercé nulle part une domination réelle ; leur rôle semble plutôt
avoir été de « véhiculer » certaines choses d’une région à une autre ;
c’est sans doute ce qui a eu lieu notamment pour l’alphabet, et on a
probablement grand tort de vouloir en conclure de là qu’ils en ont été les inventeurs.
– À propos d’alphabet, l’idée que Moïse se serait servi de caractères
cunéiformes me paraît, comme à vous, bien invraisemblable… Quant à l’« accadien »,
est-ce une langue réelle, ou seulement une hypothèse de linguistes dans le
genre du soi-disant « indo-européen » ? –
Qu’est-ce donc que cette histoire de « Solymes »,
et d’où est-elle tirée ? Je n’en avais jamais entendu parler, et cela me
fait l’effet d’une chose fortement « grécisée »… – Une autre question
encore sur laquelle je n’ai pu trouver de renseignements nulle part est
celle-ci : le syriaque s’écrit avec un alphabet dont les formes sont très
différentes des autres ; d’où cet alphabet peut-il être dérivé ? On
dit que l’écriture mongole viendrait de l’alphabet syriaque ; il y a en
effet une certaine ressemblance d’aspect dans le tracé des caractères, bien
qu’ils soient disposés de haut en bas et non plus de droite à gauche, ce qui
peut être dû à une influence chinoise.
Le Caire, 11 octobre 1938.
–
Pour le nombre des lettres de l’alphabet hébreu, votre remarque est exacte,
mais il y a cependant une différence : c’est que les lettres finales sont
distinguées seulement pour l’écriture des nombres, mais non pas pour le calcul
des valeurs numériques des mots.
Le rapport entre le poisson et le dragon existe bien réellement en effet ; ce qui me paraît beaucoup moins clair, c’est ce que vous dites au sujet de Metatron et du 10e Avatâra ; quant à des études un peu complètes sur la doctrine des Avatâras, je crois que c’est vraiment bien difficile à exposer de façon à ne pas risquer d’être mal compris… – La formule « Dieu troisième de trois » appartient à je ne sais plus quelle secte chrétienne, sans doute éteinte aujourd’hui ; j’en ai vu l’indication quelque part, mais je ne la retrouve pas actuellement. Quant à la formule « Dieu est le Messie », elle doit se trouver tout au moins chez Swedenborg ; évidemment, ce n’est pas une affirmation dogmatique du Christianisme « officiel », mais peut-être cela n’en correspond-il pas moins à une attitude de fait chez beaucoup de chrétiens…
Le Caire, 28
novembre 1938.
Merci
pour le tableau des alphabets ; il y a, dans l’alphabet syriaque,
certaines lettres dont la forme se rapproche davantage de l’arabe que de
l’hébreu, mais non pas toutes. – Je me demande toujours si le rôle attribué aux
Phéniciens, au sujet de l’alphabet, n’est pas excessif ; il semble que ce
peuple ait surtout servi à diffuser certaines choses un peu de tous les côté, mais
de là à lui en attribuer l’origine même, il y a assez loin… – Quant au nouveau
déchiffrement de l’écriture maya, je ne sais ce qu’il peut valoir, mais j’avoue
que ces sortes de choses m’inspirent toujours assez peu de confiance, car on
n’a vu que trop de fantaisies en ce genre, et non pas seulement pour la langue
maya ; et le plus beau est que chacun de ceux qui proposent un
déchiffrement arrive toujours à trouver un sens à peu près plausible ;
seulement, de l’un à l’autre, il n’y a souvent rien de commun !
Au
sujet des Solymes, je pensais bien que Renan devait tout de même donner
quelques références ; malheureusement, la plupart sont d’auteurs assez
récents, chez lesquels on trouve bien souvent un mélange, pour ne pas dire une
confusion, entre des choses de provenance très différente ; je me demande
aussi ce que peut valoir, par exemple, ce nom de « Chaldéen », qui a
l’air d’être une sorte de « personnification » de la Chaldée ou de
son peuple…
Je pense comme
vous que, pour l’hébreu, le compte des lettres finales avec des valeurs
numériques différentes ne peut s’appliquer en tout cas qu’à des textes assez
récents ; je ne crois pas que cela puisse remonter au delà de l’époque des
Massorètes. – Je ne vois pas que le total de deux lettres puisse toujours
arriver à donner 1000 ; en fait, on ne pourrait trouver une semblable
complémentaire que pour les dernières lettres, à partir de ק (en
comptant naturellement les finales pour des lettres distinctes).
Le Caire, 12
janvier 1939
Nous sommes bien
d’accord au sujet des Phéniciens ; mais ce que vous dites pour les
monuments mégalithiques me fait repenser à autre chose : n’y aurait-il pas
eu d’autres Phéniciens, tout à fait différents de ceux qu’on connaît « historiquement »,
et qui auraient été le peuple de la terre du Phénix, c’est-à-dire en somme de
la « Syrie » primitive ?
Il est exact que
différents auteurs arabes rapportent des « hadîth » de Jésus qui semblent être inconnus des Chrétiens ;
je ne sais d’ailleurs pas exactement comment ils se sont transmis, mais il est
bien possible qu’il s’agisse de choses qui, dans le Christianisme même, se sont
perdus à un moment quelconque, puisqu’il semble y en avoir tant dans ce cas ;
peut-être en retrouverait-on au moins une partie dans les Évangiles dits
apocryphes ; mais, à propos, à partir de quand s’est-on imaginé que ce mot
« apocryphe » voulait dire « faux » ?
Il faudra que je
repense à ce que vous me suggérez pour la question de la « concentration » ;
l’application de ce mot au « Soi » est bien exacte si on considère le
but, mais on ne peut pas commencer par là, et la fixation sur un « support »
symbolique, quoiqu’elle ne soit assurément qu’un moyen, semble bien
indispensable tant qu’un certain stade n’est pas dépassé.
Je ne suis pas
étonné de ce que vous me dites au sujet du Maharshi, car, en dehors du chapitre
qui le concerne, le livre de Brunton ne contient réellement rien de bien
extraordinaire. Ce qui est peut-être regrettable, c’est que trop de gens de
toute sorte s’intitulent « disciples » du Maharshi, parfois sans même
l’avoir jamais vu ; les résultats obtenus sont d’ailleurs des plus
inégaux, et Brunton lui-même, à en juger par ce qu’il a publié depuis lors, n’a
pas été bien loin ; mais il va de soi que nul ne peut donner aux gens les
possibilités qu’ils ne portent pas en eux…
Le Caire, 4 mars
1939.
Dans l’ouvrage
sur Glastonbury, il y a des allusions maçonniques très nettes, mais cela ne
suffit pas pour qu’on puisse affirmer que cela a été inspiré particulièrement
par telles ou telles Loges. C’est en Angleterre même qu’il a subsisté quelques
Loges indépendantes ; il se peut qu’il y en ait aussi en Écosse, mais
cependant les Loges les plus anciennes (Kilwinning, etc.) s’y sont rattachées à
la Grande Loge d’Écosse, qui est d’ailleurs une Obédience indépendante de la
Grande Loge d’Angleterre et de fondation un peu plus récente. – Les manuscrits
gaéliques dont vous parlez sont-ils des ouvrages qui n’ont jamais été édités ?
Cette histoire
des « Solimans » est
vraiment singulière ; on pourrait se demander s’il ne s’agit pas là de
quelque chose qui se rapporte aux humanités des Manvantaras antérieurs, mais il se peut qu’il y ait encore autre
chose, et même un mélange de données concernant plusieurs sortes d’êtres. Dans
les traditions arabes, il est aussi question d’êtres différents des hommes et
ayant habité la terre avant eux, les « Binn » et les « Jinn » ;
cela d’ailleurs est encore à peu près aussi énigmatique que l’énumération du 6e
chapitre de la Genèse…
Les « Logia Agrapha » publiés par Asin
Palacios ont-ils quelque similitude avec ce qui existe sous ce nom en grec, et
dont je ne sais d’ailleurs pas quelle est la provenance exacte ? Je n’ai jamais
eu l’occasion de voir non plus la traduction de Besson. – Pour les « Hadîth »,
on a toujours fait une distinction en effet entre ceux qui sont sûrs et ceux
qui sont plus ou moins douteux : mais il est à remarquer que ce sont
surtout les modernistes qui s’efforcent d’en contester le plus possible (et
avant tout, bien entendu, d’écarter ceux qui ont un sens nettement ésotérique).
Pour la
concentration, ce que vous dites est exact, mais une formule verbale est aussi
une « forme » ; d’un autre côté, ce qui joue le rôle des « yantras » dans l’Islam, c’est
surtout la représentation des lettres et des noms divins.
Il est vrai que,
dans tout ce qui est écrit par les disciples du Maharshi, il y a toujours des
choses qui appellent des réserves ; c’est curieux qu’il ait toujours eu
autour de lui des gens peu compréhensifs ou ayant des idées personnelles plus
ou moins bizarres. Quant à Brunton, il a assurément ressenti l’« influence »,
mais je ne crois pas qu’au fond il soit arrivé à comprendre grand’chose, et
maintenant il cherche plutôt à exploiter cela en tant qu’ « écrivain »…
Le Caire 25 avril 1939
Pour les
Pélasges, je crois comme vous qu’il est bien difficile de savoir au juste ce
qu’ils étaient et d’où vient leur nom ; il n’est guère vraisemblable
qu’ils aient été de race noire, ce qui obligerait à les reporter à une époque
beaucoup trop éloignée ; en tout cas, il y a sûrement bien des étymologies
fantaisistes chez Fabre d’Olivet et ailleurs !
Ce bélier d’Ur est vraiment une chose curieuse ;
dans l’Islam, pour l’Aïd el-Kebir, en
commémoration du sacrifice d’Abraham, on fait encore particulièrement attention
à la forme des cornes de l’animal, qui doivent, autant que possible, être
nettement recourbées en arrière, ce qui est en effet une condition nécessaire
pour qu’il puisse être retenu par un buisson.
Les Logia Agrapha semblent bien être en
somme quelque chose du même ordre que les Hadîth ;
bien entendu, l’hostilité des modernistes contre tout cela n’a rien d’étonnant…
Vous ne m’aviez
pas parlé de ce passage de Gobineau ; ce que je ne vois pas bien, c’est le
rapport que cela peut avoir avec les écritures cunéiformes… Il est certain que
le pronom « Huwa »
(prononcé « Hû » dans
certains cas) a une place assez à part parmi les noms divins ; on pourrait
dire qu’il est, à certains égards, comme un substitut d’« ism el-qalb », lequel est
imprononçable, sinon d’une façon toute intérieure. – Une chose assez curieuse à
ce propos, c’est que יהוה, lu dans l’autre
sens, donne « Huwa-Hiya »,
c’est-à-dire, en arabe, « Lui-Elle.
Il y a bien des
variétés de Shiites, et on ne peut guère généraliser ; mais, dans tout
l’Islam, l’interprétation « sacrificielle » de la prière rituelle
elle-même est en tout cas une chose assez connue. Peut-être reprendrai-je un
jour ou l’autre certaines des choses que j’ai indiquées dans mes derniers
articles, mais tout cela n’est vraiment pas facile à exposer… – Il ne serait
peut-être pas tout à fait exact de dire que l’Avatâra et le Rasûl sont
la même chose ; ce sont plutôt deux aspects sous lesquels cette même chose
peut apparaître ; il est d’ailleurs évident que de telles « fonctions »
peuvent avoir une étendue très différente, sans pourtant que cela implique une
différence d’état des êtres mêmes qui les remplissent…
Le Caire, 24 janvier 1940.
Je ne savais pas que Wirth était tout à fait paralysé ; est-ce
pour cela que le « Symbolisme » ne paraît plus ?
Si Dupré a des lettres de moi, ce qui est bien possible en effet,
cela doit remonter à l’époque de la « Gnose » ; je crois bien me
souvenir qu’il y était abonné. – Quant à Lagrèze, vous l’avez sûrement vu comme
moi au temps de la L/ Humanidad ; je n’en avais plus jamais entendu parler
depuis lors, mais, il y a quelque temps, j’ai su qu’il s’était séparé des gens
de Lyon… pour se rallier à Victor Blanchard.
Pour l’histoire des fameux
documents, s’il s’agit des Templiers qui se seraient réfugiés ici après la
destruction de l’Ordre, c’est sans doute moins invraisemblable que de supposer
qu’ils y auraient eu un établissement antérieurement ; mais, tout de même,
le fait me semble bien douteux ; on comprendrait plutôt qu’ils se soient
réfugiés en Syrie… – Quant aux choses plus récentes, je n’ai jamais entendu
parler non plus de ce « Dux Saxonius
Comnenius » ; c’est d’ailleurs pourquoi j’avais supposé qu’il
s’agissait peut-être en réalité de Comenius, qu’on prétend assez couramment, à
tort ou à raison, avoir été une sorte d’émissaire des Rose-Croix. – Qu’il y ait
eu et qu’il y ait même encore des groupes de disciples de Boehme, cela est
assez probable ; mais toute la question serait de savoir si, en fait, ils
ont quelque rapport avec une initiation rosicrucienne, ou même avec une
initiation quelconque… En tout cas, il semble bien que Saint-Martin n’ait connu
les œuvres de Boehme qu’après s’être déjà écarté des Élus Cohens ; quant aux Philosophes
Inconnus de Tschoudy,
ils n’ont très probablement jamais existé que sur le papier. – Chaboseau ne
doit pas être le seul à avoir eu une « transmission » indépendante
remontant à Saint-Martin, car je me souviens d’un certain Chuquet qui autrefois
prétendait la même chose ; mais ce ne serait intéressant que si
Saint-Martin lui-même avait quelque chose à transmettre réellement, et c’est là
le point qui reste douteux…
Le titre de « Grande
Loge d’Édimbourg » n’existe pas ; il ne doit pas s’agir de la Grande
Loge d’Écosse, mais plutôt de l’Ordre Royal d’Écosse, organisation qui ne fait
pas partie de la Maç/ proprement dite. – Au sujet du Droit Humain, il y a une
inexactitude à rectifier : le Dr Georges Martin avait été initié
régulièrement à la L/ La Jérusalem Écossaise avant de s’associer avec Maria
Deraisme pour fonder ledit Droit Humain. Je me souviens d’ailleurs très bien
que, quand il s’agissait de conférer les hauts grades, il se contentait
d’assister sans y prendre aucune part active, afin de ne pas violer ses
engagements envers le Rite Écossais régulier dont il continuait à faire partie.
Le Caire 12 septembre 1945
– Pour les
rapports entre l’arabe et l’hébreu, vous savez sûrement que la valeur numérique
est la même pour les 22 lettres qui sont communes aux deux alphabets (l’ordre
différent dans lequel celles de l’alphabet arabe sont rangées par les
grammairiens n’a aucune importance à ce point de vue ; quant à leur
signification hiéroglyphique, qui est sans doute ce que vous aviez en vue (mais
je ne pense d’ailleurs pas qu’il y ait besoin de faire intervenir spécialement
Fabre d’Olivet pour cela), elle est aussi en grande partie la même, mais il y a
cependant quelques différences, comme cela apparaît du reste par le fait que
certains noms propres, et aussi certains mots de même dérivation et de même
sens, ne s’orthographient pas de la même façon dans les deux langues, et aussi
que des mots identiques y ont parfois des sens différents (par exemple, lehem, « pain » en hébreu, et lahm, « chair » en arabe, qui
s’écrivent exactement de la même façon) ; en tout cas, partout où il
existe une telle signification hiéroglyphique, il est évident que des méthodes
d’interprétation similaires sont applicables.
Pour ce que j’ai écrit dans
mon compte rendu au sujet du Tarot, voici textuellement le passage de Waite
(celui-ci est mort il y a 2 ou 3 ans, il avait d’ailleurs 80 ans passés) :
« In the printed text which accompanied the Card produced (il s’agit de
son livre sur le Tarot), I had to be careful on my own part, in the direction
of the abyss which is veiled by the Secret Tradition in Goëtia and its dealings
with sacred things for their perversion. It is to be understood that there is a
“tradition à rebours” (en français dans le texte). Elipha Lévi once said of his
own epoch that “all things bend and sink down in search of a shameful
pasturage”. They can be also misdirected terribly by perverted will. The Black
Mass is one example, though its modern codices are blasphemous filth and folly.
Tarot Cards offer another instance : there is a so-called Jewish pack
which is like Mediaeval Satanism in its Symbols. »
Le Caire, 4 janvier 1946
Le rapprochement entre le
sceau des États-Unis et l’arcane XIII peut être juste, mais l’histoire des 13
tribus d’Israël est loin d’être une interprétation
particulière aux anti-juifs ; elle se rattache même surtout, en premier
lieu, aux élucubrations de la « British Israël Society », laquelle,
comme vous le savez peut-être, est pour beaucoup dans le lancement et la
diffusion des fameuses « prophéties pyramidales ». – Je ne sais pas
exactement combien sont les États actuellement, mais n’étaient-ils pas 22 à
l’origine ? Il faudra que je pense à ce que vous me dites de l’utilité d’un
article sur le cœur siège de l’intelligence, quoique j’en aie déjà assez
souvent parlé occasionnellement. Sûrement, Descartes est pour une bonne part
dans toutes les confusions modernes, et en particulier pour tout ce qui
concerne la constitution de l’être humain. Ce que je voulais vous dire au sujet
de la tradition d’Abraham, c’est que je n’ai jamais pu comprendre qu’on ne voie
pas le lien qui existe entre les 3 formes qui en procèdent ; du moins, je
ne le comprends que de la part de gens qui s’en tiennent à un point de vue tout
à fait exotérique et superficiel. J’ai du reste remarqué que certains
paraissent sentir cette solidarité d’une façon en quelque sorte instinctive,
par exemple ceux chez qui l’antijudaïsme entraîne une prévention à la fois
contre le Christianisme et contre l’Islamisme ; et, à ce propos, ne
pensez-vous pas que Matgioi en particulier était quelque peu dans ce cas ? –
D’un autre côté, je voulais aussi vous demander quelle est votre idée au sujet
de l’antijudaïsme qu’on attribue aux Gnostiques, ou tout au moins à certains
d’entre eux ; je me rappelle que feu Synésius insistait beaucoup là dessus,
et de façon tout à fait approbative…
Je vous remercie
pour la copie de la lettre concernant Abdul-Hâdi ; Clavelle ne m’en a
jamais parlé. Je ne savais pas qu’il avait été officier de marine dans sa
jeunesse ; mais Dupré, de son côté, paraît ignorer son origine
finlando-tartare. D’un autre côté, Dupré me paraît assez peu qualifié pour
formuler des appréciations au point de vue islamique ; les siennes ne
concordent nullement avec celles des Musulmans qui ont connu Abdul-Hâdi ici,
car il y en a encore quelques-uns (dont un parent de ma femme). Abdul-Hâdi
appartenait aux turuq qadriyah et shâdiliyah ; je ne sais pas ce qu’il faut entendre par « confréries
sérieuses » si celles-là n’en sont pas… (…) – C’est surtout par Coulomb,
avec qui il était d’ailleurs toujours resté en relations, qu’Abdul-Hâdi avait
été mis en rapport avec les milieux théosophistes. Quant aux sociétés
zoophiles, etc., il y avait été introduit par Mme Huot, que nous surnommions « la
mère aux chats » ; je ne sais pas si vous l’avez connue ; c’est chez
elle qu’il logeait le plus souvent pendant ses séjours à Paris.
Le Caire, 11avril 1946
J’ai toujours
pensé aussi qu’Abdul-Hâdi était réellement rattaché aux Malâmatiyah, mais il se montrait toujours très réservé sur ce
point. Je viens même de me rappeler une chose assez curieuse : il avait
expressément demandé qu’on n’envoie pas à Insabato le nº de la « Gnose »
contenant l’article où il en était question, afin que celui-ci n’ait pas
connaissance des indications qu’il y donnait sur les régions où se trouvaient
encore des Malâmatiyah. Je crois que
c’était surtout à cause de l’Albanie, et il m’avait d’ailleurs semblé qu’en
réalité cette discrétion devait viser moins Insabato lui-même que Giolitti dont
celui-ci était en quelque sorte l’homme de confiance. – D’autre part,
Abdul-Hâdi avait dû aussi être affilié à une tarîqah Akbariyah (ainsi nommée du Sheikh El-Akbar) qui existe dans
le Sud de l’Inde.
Le Caire, 9 octobre 1946.
Je
ne retrouve pas en ce moment le « Golem » pour voir à quoi s’y
rapporte au juste l’expression que vous citez ; mais celle-ci me paraît
signifier littéralement « association de la naissance (ou de l’origine) de
la lumière du matin », et je ne vois pas qu’il y soit question de
« descendants » ; je ne saurais d’ailleurs pas vous dire d’où
elle peut être tirée. – Quant à « Rabb
el-Falaq », c’est une appellation de Dieu, mais pourquoi aurait-elle
un rapport spécial avec Metatron ?
L’expression
« Fils de la Veuve », au sens le plus littéral, vient du passage de
la Bible où il est dit qu’Hiram était fils d’une veuve de la tribu de
Nephtali ; et, par là même que le Maître Maçon s’identifie à Hiram, il est
aussi « Fils de la Veuve ». Maintenant, il y a encore autre chose,
en raison de la similitude qui existe entre la légende d’Hiram et le mythe
d’Osiris : dans celui-ci, la Veuve est naturellement Isis, et le Fils de la
Veuve est Horus, en qui renaît Osiris, de même qu’Hiram renaît en tout Maître
Maçon. Vous voyez que, de toute façon, il ne s’agit pas là d’une expression
moderne…
Le Caire, 4 décembre 1946.
Je n’ai pu encore que jeter un
simple coup d’œil sur le livre de Cherfils, mais j’ai constaté qu’il lui était
resté beaucoup plus que je ne l’aurais cru du positivisme par lequel il était
passé et d’où il était venu à l’Islam. Cela fait une sorte de conception
moderniste assez singulière, qu’il semble d’ailleurs regarder comme coïncidant
plus ou moins avec celle de Bonaparte lui-même, et qui va jusqu’à lui faire
croire que la science qu’il est recommandé de rechercher peut être la science
profane de l’Occident moderne. Il est vrai qu’il y a aujourd’hui un certain
nombre de modernistes musulmans qui pensent la même chose à cet égard, mais
cela est assurément bien loin du véritable Islam traditionnel…
Il ne doit pas être facile
d’être admis dans l’« Estoile Internelle », car le nombre de ses
membres est strictement limité à 12 ; je n’en connais d’ailleurs aucun. Il
existe une autre organisation plus extérieure qui s’y rattache plus ou moins
directement ; c’est dans celle là que Tamos a été reçu, ainsi que Clavelle
et Quesneville, mais ces deux derniers s’en sont naturellement tenus à l’écart
depuis leur entrée dans la Tarîqah.
Il y a actuellement encore
dans l’Église orthodoxe un mysticisme qui est certainement très différent de
celui de l’Église latine ; mais, en dehors de cela, il y a aussi des restes
d’une initiation proprement dite dans certains monastères, ceux du mont Athos
notamment, et probablement d’autres encore. Pour ce qui est du Sinaï, il n’y a
plus rien de vivant ; le seul monastère qui y existe, celui de ste Catherine ( je
ne crois pas qu’il y en ait jamais eu d’autres), édifié sur le lieu même du
Buisson ardent, ne contient plus qu’un très petit nombre de moines, et qui sont
fort ignorants, ainsi que j’ai pu m’en rendre compte par moi-même ; il y eut
même, à une certaine époque, un bibliothécaire qui n’avait rien trouvé de mieux
que de brûler tous les manuscrits qu’il jugeait trop détériorés pour être
encore utilisables ! – Il est probable qu’il a dû aussi y avoir autrefois une
initiation dans certains ordre religieux d’Occident, mais qu’elle a dû
disparaître entièrement dans la période de décadence du moyen âge ; il semble
bien que, dès le XVe siècle, s’il y avait encore des initiés dans les
couvents, c’est parce qu’ils étaient en même temps rattachés à d’autres
organisations, d’un caractère surtout hermétique.
Je n’ai jamais vu nulle part
le nom de Touilleux ni la mention de son ouvrage dont vous parlez ; quel
rapport peut-il bien y avoir entre Domitien et Cybèle ? – Les mystères d’Attis
avaient certainement, à l’origine, la même signification que ceux d’Osiris,
mais il se peut très bien qu’ils aient dégénéré par la suite, et même que cette
signification ait fini par être en quelque sorte « inversée » ;
on pourrait aussi voir là encore un exemple du double sens des symboles, comme
on en a un également dans le cas du nombre 666. À ce propos, je me demande ce
qu’il faut penser de la version de l’Apocalypse qui donne 616 au lieu de 666,
car 616 n’a aucune des connexions symboliques importantes que présente 666…
Le Caire, 16 février 1947.
Je savais que
Cherfils avait fait un ouvrage sur Wronski, bien que je ne l’aie jamais vu ;
cela doit d’ailleurs dater du temps où il était encore positiviste. Je ne sais
plus si je vous ai dit que c’est par Abdul-Hâdi que je l’avais connu ; je
crois bien que c’est celui-ci qui avait commencé à l’intéresser à l’Islam, mais
il n’a sûrement jamais rien compris au point de vue ésotérique.
Avez-vous su que
Charbonneau-Lassay est mort il y a à peu près 2 mois ? (...).
Il est tombé malade juste au moment où il devait
s’entendre définitivement avec Desclée pour la réimpression de son « Bestiaire »
(dont la première édition a été entièrement détruite par un
incendie en Belgique pendant la guerre) et pour l’édition du « Vulnéraire »
qui doit lui faire suite ; ainsi, il n’aura pas eu la satisfaction de voir
enfin paraître ces ouvrages auxquels il avait travaillé pendant tant d’années…
Il a transmis la maîtrise des Chevaliers du Paraclet à Tamos, et je crois bien
d’ailleurs qu’il n’y avait personne d’autre qui puisse recevoir cette succession. – Pour ce qui est de Tamos et de son animosité contre
l’Orient, je ne savais rien de ce que vous me dites, car c’est encore là une
chose dont Clavelle ne m’a jamais parlé.
Chacornac
s’est finalement décidé à tirer cette année les « Études Traditionnelles »
à 800 exemplaires ; ce n’est sûrement pas trop, car vous savez sans doute que,
faute d’un tirage suffisant, il a dû refuser des
abonnements à la fin de l’an dernier. Il m’a dit la même chose qu’à vous au
sujet du papier, et il se plaint de ne pas pouvoir même en obtenir assez pour
le tirage de son « Cte de St-Germain ». Il vient de m’envoyer ce qui
me paraît être les dernières épreuves de celui-ci ; autant que j’ai pu me
rendre compte en y jetant un coup d’oeil, c’est un véritable travail de
patience, purement historique d’ailleurs, sauf, à la fin, le chapitre qui a
paru dans les « Études Traditionnelles » et
qui a été en réalité rédigé par Clavelle.
J’ai eu l’explication de
l’histoire concernant le « Traité de l’Unité » : il ne
s’agissait pas en réalité d’un manuscrit de celui qu’a traduit Abdul-Hâdi, mais
d’un autre ouvrage de Mohyiddin, tout à fait différent de celui-là, intitulé
« Kitâb el-Alif », et qui
est aussi désigné parfois sous le nom de « Kitâb el-Ahadiyah », d’où la confusion ; il est donc
probable que Clavelle aura mal compris.
Il est certain que Saint-Yves
était, comme vous le dites, assez mal renseigné sur bien des choses, et même en
ce qui concerne l’Inde (en quoi il était d’ailleurs moins excusable que Fabre
d’Olivet) ; mais pourquoi éprouvait-il le besoin d’en parler quand même,
et d’où avait-il bien pu tirer des indications aussi fantaisistes que celle des
« koranites ésotériques » ?
Pour
ce qu’on raconte sur le « panarabisme », et le
« panislamisme », ce dont il s’agit actuellement, en fait, est tout
simplement un projet de fédération des États arabes pour résister aux
prétentions des puissances occidentales ; ce projet n’a d’ailleurs rien de
spécifiquement islamique, puisque les Chrétiens de Syrie et du Liban y adhèrent
tout aussi bien que les Musulmans et travaillent tout aussi activement à le
réaliser. – Ibn es-Seoud est certainement très bien comme homme politique, mais
c’est seulement dommage, au point de vue islamique, qu’il soit wahhabite… –
Pour l’Inde, il semble que la Ligue musulmane voudrait surtout arriver à la constitution
de 2 États distincts et autonomes, l’un comprenant les régions du Nord où les
Musulmans sont en majorité et l’autre le reste de l’Inde.
J’ai
reçu dernièrement une lettre de Raffaelli, un professeur de mathématiques ami
de Préau, qui, parmi diverses autres questions, en soulève une se rapportant
aux correspondances astrologiques du Tarot et qui vous concerne en partie
directement ; voici ce qu’il écrit à ce sujet : « Il y a d’abord
la correspondance de l’Ermite au Lion qui me paraît donner lieu à objection :
opposition de la lampe voilée et de la lumière éclatante du Soleil. Le Teth a les significations
d’enveloppement, de protection, de toit, de couverture. Le Lion et le Soleil
n’éveillent-ils pas dans l’esprit des idées absolument contraires à celles-ci ?
– Basilide, qui croit que le Tarot est avant tout de l’astrologie, fait
correspondre à l’Ermite la Vierge, et Maxwell les Poissons, ce qui du moins ne
choque pas. – Il y a ensuite la correspondance de l’arcane XIX, le Soleil, avec
les Poissons ; Basilide choisit le Lion, ce qui astrologiquement est
justifié, et Maxwell choisit les Gémeaux, je ne sais pas pourquoi. – Il
paraîtrait naturel, toujours au point de vue astrologique, de faire
correspondre l’arcane XVIII, la Lune, au Cancer, ce que font Basilide et
Maxwell ; mais Papus, Marc Haven et ceux qui s’inspirent des lettres
hébraïques le font correspondre au Verseau. – À l’arcane VIII, la Justice,
qu’on a l’habitude de faire correspondre à la Balance (ce que font Basilide et
Maxwell), le Sepher Ietsirah fait
correspondre le signe du Cancer. Or en quoi la Justice et les idées qui s’y
rapportent peuvent-elles être symbolisées par le signe du Cancer qui est la
maison de la Lune et qui n’éveille que des idées d’ancienneté, d’hérédité, de
parenté, d’intimité, etc. ? » – J’avoue que je ne vois pas très bien
comment on peut débrouiller tout cela et rendre compte de ces divergences ;
comme il me semble que vous pouvez y répondre beaucoup mieux que moi qui ne me
suis jamais occupé particulièrement de cette question, vous serez bien aimable
de me dire ce que vous en pensez ; merci d’avance. – Au fond, Raffaelli
semble penser que la correspondance des arcanes du Tarot avec les lettres
hébraïques n’est pas exacte ou même qu’elle aurait été supposée après coup ;
tout de même, il ne me semble guère possible que ce ne soit qu’une rêverie de
Court de Gébelin…
(À suivre)…
–––––––––––––––
*
* *
فَاذْكُرُونِي أَذْكُرْكُمْ وَاشْكُرُوا لِي وَلَا تَكْفُرُونِ
« Souvenez-vous
de Moi, Je me souviendrai de vous, soyez reconnaissants envers Moi et ne Me
reniez pas. »
(Al-baqara, 152.)
(Calligraphed in
1443 / 2021-22 Abdurrahim Kahya - From A. Godlas)

