LES POITRINES DES HOMMES LIBRES SONT LES TOMBEAUX DES SECRETS صدور الأحرار قبور الأسرار

mercredi 7 septembre 2011

SEM













SEM
FILS DE NÛH

Selon la chronique de TABARΠ*




« Or sache que toutes les créatures sont sorties, après Noé [ Nûh ], de Sem, de Cham et de Japhet. Les Arabes, les Persans, les hommes blancs de visage, les gens de bien, les jurisconsultes, les savants et les sages sont de la race de Sem ; et voici pourquoi : Un jour Noé était endormi, le vent souleva ses vêtements et découvrit ses parties sexuelles sans qu'il s'en aperçût. Japhet passa près de Noé, dont il vit les parties sexuelles ; il se mit à rire aux éclats et à tourner son père en ridicule, sans le recouvrir. Cham, frère de Japhet, arriva ensuite ; il regarda Noé, se mit à rire aux éclats et à plaisanter, et passa outre, sans couvrir son père. Sem vint après ses frères, et, voyant Noé dans une posture indécente, il détourna les yeux et cacha la nudité de son père. Noé se réveilla ensuite, et demanda à Sem ce qui s'était passé ; ayant appris que Cham et Japhet avaient passé près de lui et qu'ils avaient ri, il les maudit en disant : Que Dieu change la semence de vos reins! Après cela tous les hommes et les fruits du pays de Cham devinrent noirs. Le raisin noir est du nombre de ces derniers.
Les Turcs, les Slaves et Gog et Magog, avec quelques autre peuples qui nous sont inconnus, descendent de Japhet. Cham et Japhet furent punis de la sorte pour avoir ri en voyant les parties sexuelles de leur père.»

(Extrait de De la Création à David, vol. 1, Tabarî ; Les prophètes et les rois – 4 volumes – traduit par Hermann Zotenberg, Éd. Sindbad, Paris 1980 – titre arabe : Târîkh al-Rusûl wa-l-mulûk )*




Contrairement aux apparences, ce qui apparaît comme nouveau dans ce cycle postdiluvien n’est pas la pudeur de Sem, mais la moquerie, la méchanceté et la lourdeur d’une nouvelle mentalité correspondant à la dégradation de la marche cyclique. Par sa fonction de passeur, Nûh appartient à la typologie spirituelle du cycle précédent. Sa mission étant accomplie, il ne manifeste plus dans cette nouvelle ère, qu'une présence spirituelle sans forme spécifique, demeurant exclusivement dans la demeure de sa nature essentielle. On peut considérer le geste de Sem comme l'acte de naissance de la spiritualité sémite dont la pureté initiatique se transmettra par l'ésotérisme des trois religions du Livre. On sait également que Nûh a planté la vigne, ce qui vient confirmer le caractère initiatique de sa fonction pour ce cycle.
 « On remarquera aussi que Noé est désigné comme ayant été le premier qui planta la vigne (Genèse, IX, 20), fait qui est à rapprocher de ce que nous avons dit plus haut sur la signification symbolique du vin et de son rôle dans les rites initiatiques, à propos du sacrifice de Melchissédec »
(Note de René Guénon, p. 91 ; chap. XI, Le Roi du Monde, Gallimard, 1958.




*Muhammad Ibn Djarîr al-Tabarî est un savant sunnite du Xè siècle (838-923) qui rédigea un commentaire du Coran et plusieurs ouvrages dont l’un des plus connus est le traité de l’Histoire des Envoyés et des Rois: Târîkh al-Rusûl wa-l-mulûk. Cette œuvre a été résumée en langue persane par un autre savant samanide du nom de al-Bal’amî, environ quarante d’années après la mort de Tabarî. C’est cette version abrégée qui a été traduite en français au XIXè siècle par l’orientaliste Hermann Zotenberg, sous le titre : La Chronique – Histoire des Prophètes et des Rois. Quelque temps auparavant, en 1836, Louis Dubeux avait traduit le livre I de cette œuvre à partir des manuscrits originaux sous le titre : CHRONIQUE D’ABOU-DJAFAR MOHAMMED TABARI  (PDF disponible sur le web). Zotenberg a repris cette première traduction, qui s’arrête à la période ou le peuple des « Fils d’Isrâ’il » sortent d’Egypte, mais en en supprimant les notes et le texte persan.
Muhammad al-Tabarî a présenté les chaînes de transmission des différents récits qu’il a cités dans son târîkh ; il s’est en outre attaché à réunir toutes les « informations historiques » qu’il a pu trouver selon une « critique des faits » traditionnelle à laquelle la « mentalité historiciste » n’a plus accès ; par conséquent il n’y a pas lieu de tenir compte des critiques émises par certains théologiens islamiques modernes sur cet ouvrage.
Pour ce qui est de la version d’Al-Bal’amî, les chaînes de transmission des différents récits cités ne s’y trouvent plus et l’auteur a modifié certains passages tout en procédant à des ajouts personnels.
Enfin, à ceux qui étudieront cette Chronique de Tabarî en français, nous recommandons les réserves d’usage concernant en général tous les travaux des orientalistes.



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