LES POITRINES DES HOMMES LIBRES SONT LES TOMBEAUX DES SECRETS صدور الأحرار قبور الأسرار

vendredi 20 septembre 2013

SUR LA PUBLICATION DES INÉDITS DE RENÉ GUÉNON








Pour plus d’informations sur le sujet de cet article, voir le message ci-dessous ; À propos des ouvrages posthumes de René Guénon (2mars 2009) : «  Extrait d'une lettre de Clavelle (Jean Reyor) datée du 24 Août 1975 ».




SUR LA NÉCESSITÉ DE PRÉSENTER
LES FUTURS TEXTES INÉDITS
DE RENÉ GUÉNON*


Suite au compte rendu de l’ouvrage Psychologie, attribué à R. Guénon, un lecteur de notre blog a déposé le commentaire suivant :
« Merci pour votre recension.
Pourquoi accompagner un texte de Guénon d'un “appareil critique” ? Je comprends bien que ce texte n'était pas destiné à la publication, mais y a-t-il vraiment bénéfice à toujours rajouter son grain de sel ? L’œuvre ne se défend-elle pas elle-même, bien mieux que les divers bavardages qui l'entourent, et qui au contraire semblent produire un triste nuage de vase, autour d'un texte qui lui est pourtant limpide? J'ai peine à comprendre que la mise à disposition des textes soit depuis plus de 60 ans maintenant la dernière des priorités. »

Selon notre point de vue, il convient de distinguer les livres que Guénon publia de son vivant, lesquels, en effet, n’ont nul besoin d’un appareil critique, ni d’aucune sorte de présentation, des ouvrages posthumes que nous connaissons. Ces derniers, regroupant des articles et des comptes rendus, doivent aux lecteurs les précisions nécessaires sur la provenance des textes et éventuellement sur les conditions particulières de leur rédaction lorsque cela est précisé dans la correspondance. Contrairement à ce que dit l’auteur de la remarque, la mise à disposition de certains inédits est assez récente. Nous constatons que la précipitation caractérisant la mentalité ambiante n’a pas épargné l’œuvre de celui qui nous a prévenus de ses fâcheuses conséquences, auxquelles s’ajoute maintenant l’incompétence qui se généralise et affecte tous les domaines. En publiant Psychologie, avec la complicité de Monsieur A. Grossato, l’éditeur Arche nous a offert un exemple remarquable de tout ce qu’il faut éviter.

La présentation par Patrice Brecq du Cours de philosophie dans le numéro spécial de Science Sacrée consacré à René Guénon, puis dans deux numéros de VLT (1), a permis heureusement de corriger les fausses conceptions qui s’étaient répandues et de remettre en place les idées concernant précisément cet inédit dont il était nécessaire de resituer le contexte et les conditions spéciales de sa rédaction.

Nous devons retenir pour principe que l’édition des textes inédits doit être dépouillée de tout discours ou présentation quelconque de qui que ce soit, à l’exception d’une introduction rigoureuse, dépourvue de considération ou interprétation doctrinale, se limitant strictement à présenter l’organisation et le contenu d'éventuelles annexes. Les commentaires doivent s’effacer et laisser l’œuvre écrite à l’état pur, ce qui est le seul moyen de lui assurer son intégrité, son autorité et la pérennité de son rayonnement.

Les choses sont sans doute plus complexes lorsqu’il s’agit d’aborder les problèmes qui se posent autour de la correspondance. Les mises en garde émises jadis par André Bachelet sont à prendre en considération car, en effet, il serait inconséquent de publier les nombreuses réponses de Guénon en faisant abstraction, pour certaines d’entre elles, du contenu des lettres qui lui ont été adressés et s’abstenir d’évoquer le contexte de leur rédaction lorsque cela est nécessaire (2). Beaucoup d’éléments délivrés par la lecture de cette correspondance précisent des points particuliers de la doctrine, voire même leurs applications dans certains cas, tandis que d’autres donnent des informations sur tel ou tel ouvrage, tel auteur, telle situation etc. 
Bien évidemment, cela exige des compétences et des qualités particulières de la part de la personne pressentie (et de son équipe de collaborateurs) qui devra présenter au futur éditeur le résultat de ce qui nécessite un travail long et désintéressé.

L’auteur du commentaire a raison de se montrer intransigeant à l’égard de toute tentative d’annexion ou de falsification comme cela s’est déjà produit avec une préface désastreuse publiée il y a une quarantaine d'années pour une édition de poche du Symbolisme de la Croix, et, il est malheureusement toujours possible effectivement que le projet d’édition auquel nous avons fait allusion soit aussi l’occasion d’un enjeu pour le profit de quelques personnes désireuses de se mettre en avant et n’ayant aucune réelle compétence (3).

*Texte corrigé et mis à jour le 9/04/2015

NOTES


(1) Voir les références de ces publications dans notre compte rendu, mis en ligne ci-dessous, le 1/05/ 2013 : Psychologie extrait du Cours de philosophie de René Guénon.
(2) Ainsi en est-il le la correspondance avec Noëlle Maurice-Denis qui offre un prolongement doctrinal appréciable à la métaphysique des États multiples de l’être.
(3) Un récent exemple de ce que nous avançons s’est présenté il y a quelques temps à travers une tentative de publication pour le compte des éditions Gallimard qui prit une tournure désastreuse et fut annulée grâce à l’intervention de quelques disciple du shaykh MustaphaVâlsan.







samedi 10 août 2013

La sourate « Les Signes zodiacaux » (Al-Burûj)

-1600





















Al-Burûj

« Les Signes zodiacaux »



Au nom d’Allâh, le Miséricordieux, le très Miséricordieux.




« Par les Cieux, d’où proviennent [dhati : litt. Essence des] les Signes zodiacaux, (1) par le Jour promis, (2) par le témoin et par ce dont il témoigne*, (3) périssent les Gens de la Fosse**, (4) leur feu était sans cesse alimenté (5) pendant qu'ils se tenaient assis au bord, (6) regardant ce qu'ils infligeaient aux croyants. (7) Ils ne leur reprochaient que d'avoir cru en Allâh, le Tout-Puissant, Celui qui est digne de toute louange, (8) Celui à qui appartient la Royauté des Cieux et de la Terre. Et Allâh est Témoin de toute chose ! (9) Certes, ceux qui auront tourmenté les croyants et les croyantes et qui, ensuite, ne se seront pas repentis subiront le châtiment de la Géhenne, le châtiment brûlant. (10) Certes, ceux qui auront cru et accompli des œuvres saines auront des Jardins sous lesquels coulent les fleuves. C'est le bonheur parfait ! (11) Certes, la rigueur de ton Seigneur est redoutable. (12) C’est Lui qui produit la Création et la renouvelle. (13) Il est le Pardonnant, l'Aimant. (14) Il est le Maître du Trône, le Magnanime, (15) Celui qui réalise tout ce qu’Il veut. (16) T'est-il parvenu le récit des armées (17) de Pharaon et des Thamoud ? (18) Pourtant, les mécréants persistent à crier au mensonge, (19) alors qu’Allâh les tient à Sa merci. (20) Ceci est bien un Coran glorieux, (21) écrit sur une Table gardée ! (22) »





* Le témoin ici est celui « qui témoigne », c'est-à-dire qui a « réalisé » (ou qui, au Jour du jugement, témoignera) que les Cieux (manifestation informelle) sont à l’origine des douze déterminations zodiacales (burûj) régies chacune par un Ange particulier (les états supérieurs réparties en 12 « Parts » ; voir Uqlat al-mustawfiz d’Ibn ‘Arabî), lesquelles implicitement dominent tout ce qui est déterminé (par la Destinée) dans notre monde. Les nombreux commentaires, mentionnés succinctement par Sîdî Abdallah Penot dans sa traduction du Coran, sont tous à prendre en considération car, d’un point de vue exotérique, ils se complètent les uns les autres, selon leurs différents degrés, sans aucune contradiction.

** Concernant le verset 4, les termes ashâb al-ukhdûd désignent les sujets du roi du Yémen Dhû Nawâs qui, au milieu du VIème siècle, avaient massacré les Chrétiens du Nejrân en les jetant dans un fossé embrasé.




***





Correspondances symboliques avec le  Ciel des « Signes zodiacaux » (falak al-burûj) selon les Fuçûç al-hikam d’Ibn ‘Arabî :





Façç de la Demeure 9 – Yûsuf.

Lettre : jîm



Nom : al-ghanî, « l’Indépendant ».
Sagesse « Lumineuse », nûriyyah.
Sphère : falak al-burûj, « Ciel des Signes zodiacaux ».


La détermination de la mesure implique d’être indépendant des conditionnements. « L’Indépendant », al-ghanî correspond au Ciel des 12 Signes, al-falak al-burûj ; chaque Signe dépend d’un Archange qui possède les clés des trésors de ce Signe. Yûsuf demanda la garde des trésors (au Roi). Le Ciel du Zodiaque est le lieu de manifestation sensible à l’extérieur du Trône (al- ‘arsh) comme le Ciel des Fixes l’est du Piedestal (al-kursî) (9).
Ibn ‘Arabî fait allusion au Nom al-ghanî à la fin du chapitre où il mentionne le verset :

 « Ô vous, les gens, vous êtes les pauvres (al-fuqarâ’) envers Allâh et Allâh est Le Riche (al-ghanî), Le Très Louangé (al-hamîd). »
(Fâtir, 15)


La Demeure se nomme al-taraf,  « Le regard » ; elle va de 12° 51’ 27ˮ à 25° 42’ 52ˮ du Cancer (al-saratân)*.

* C’est dans cette Demeure que se situe l’étoile « Le Grand Chien », appelé également Canicule.



À la fin du façç, le shaykh commente la sourate Al-Ikhlâç (C., 112) ; on appelle cette sourate al-jamâl, la Beauté (divine) qui est en correspondance avec Yûsuf : « Le mot “lumière” (al-nûr) auquel se rapporte cette Sagesse est aussi en correspondance avec cette sourate par le second  verset, “Allâh est le fondement (al-çamad)”, qui exprime la dépendance de toute chose envers le Principe divin, comme la faculté de vision dépend de la lumière » (Meftah, p.221).
Ce façç est en relation avec le Ciel de Vénus, zuhrah, c'est-à-dire : l’ordre, l’harmonie et la beauté du cosmos ; s’y rapportent également : l’art poétique, les sciences cachées, et l’interprétation des rêves.
« Comme la sourate Al-Ikhlâç échappe à l’emprise de toute forme de similitude (tashbîh), elle est en parfaite correspondance avec la lettre jîm qui n’est pas soumise à l’emprise qui saisit les autres lettres ». (ibid., p. 221)*

* La lettre jîm est l’unique lettre qui échappe à l’ « emprise », al qabdah : « Ce qui échappe à l’emprise, c’est l’inconditionné et la transcendance. La lettre jîm est la clé du Nom divin « Celui qui Unit », jâmi‘, ce qui échappe aux deux emprises de la Majesté et de la Beauté divines, afin de les réunir ensemble dans la station Ahmadienne intégrale » (ibid., p. 142).
Dans sa réponse à la question 120 (questionnaire de Tirmidhî), Ibn ‘Arabî définit l’emprise (ou la poignée), al-qabdah : « L’emprise, en vérité, c’est Sa Parole “Allâh embrasse toute chose” [Al-Nisâ’, 126]. Qui t’embrasse te saisit. L’existence de cette capacité d’enveloppement (ihâtah) te prive de toute issue, sinon il n’y a pas d’enveloppement. La forme de ceci, c’est qu’il n’y a rien d’existant (mawjûd) sauf Allâh (…) [plus loin, sur la lettre jîm et les parties de la sphère cosmique] : Sache que la “poignée” (qabd) inclut ce qui est sous son emprise selon quatorze sections et cinq principes. C’est de ces quatorze sections que vient la moitié du cercle de la sphère, ce sont quatorze Demeures (manzilah). Il y en a autant dans le non-manifesté (al-ghayb). Ces sections contiennent toutes les lettres à l’exception de la lettre jîm (…) ». (Note, ibid., p. 142)






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dimanche 23 juin 2013

LES DEUX VERSETS AUX 28 LETTRES

- 620





 


LES DEUX VERSETS CORANIQUES 


des sourates  Alu‘Imrân et Al-Fath

contenant les 28 lettres de l’alphabet arabe






Le verset 154 :


« La Famille De Imrân »


Au nom d’Allâh le Miséricordieux, le très Miséricordieux.


« Après l’affliction, Il a fait descendre sur vous la sécurité, un assoupissement qui a enveloppé une partie d'entre vous, alors que les autres se préoccupaient de leur propre sort et se faisaient une fausse opinion sur Allâh, une opinion née de l'ignorance. Ils disaient : “Y a-t-il quoique ce soit qui nous concerne dans cette affaire ?ˮ Dis : “L'affaire toute entière appartient à Allâhˮ. Ils cachent en eux-mêmes ce qu'ils ne te montrent pas. Ils disent : “ Si nous avions eu quelque choix dans cette affaire, nous n'aurions pas été décimés en cet endroitˮ. Dis : “Même si vous étiez demeurés dans vos maisons, ceux dont la mort était écrite auraient été tués dans leur litˮ ; ceci pour qu’Allâh mette à l'épreuve ce qui est dans vos poitrines et qu'Il purifie ce qui est dans vos cœurs. Car Allâh connait le contenu* des poitrines. » (154)



* Bidhâti, c’est-à-dire, l’essence des poitrines.




Le verset 29 :
 
 

Al-Fath.

« L’Ouverture »



« Muhammad est l'Envoyé d’Allâh. Ses compagnons sont sévères envers les mécréants, compatissants entre eux. Tu les vois inclinés, prosternés, recherchant la Grâce d’Allâh et Sa satisfaction. Leurs visages sont marqués par les traces de leurs prosternations. Voici à quoi ils sont comparés dans la Tora et dans lEvangile : ils sont semblables au grain qui fait sortir sa pousse, puis il devient robuste, il grossit, il se dresse sur sa tige. Le semeur est saisi d'admiration, alors que les mécréants en sont irrités. Allâh a promis à ceux d'entre eux qui croient et qui accomplissent des œuvres saines un pardon et une sublime récompense. » (29)









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