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vendredi 14 janvier 2022

11 jumâda al-thânî 1443/ Vendredi 14 janvier 2022 - Le nationalisme -

 




La charge anti-spirituelle du nationalisme

 

  

« (…) il est à peine besoin de rappeler combien la Révolution fut farouchement ‟nationaliste” et ‟centralisatrice”, et aussi quel usage proprement révolutionnaire fut fait, durant tout le cours du XIXe siècle, du soi-disant ‟principe des nationalités” ; il y a donc une assez singulière contradiction dans le ‟nationalisme” qu’affichent aujourd’hui certains adversaires déclarés de la Révolution et de son œuvre. » (1)

 

 

  

Guénon dans ses « Notes inédites » (datant des années 1910) a écrit : « La race est une particularisation de l’espèce, tandis que la nation n’est qu’une forme de la collectivité sociale ». Jusqu’à la Révolution française, « la collectivité sociale » se définissait, en Europe comme partout ailleurs, selon la communauté religieuse. La conception nationaliste apparait avec les conséquences des nouvelles « idées philosophiques » qui ont germé durant la Renaissance. Longtemps, la civilisation arabo-islamique fut épargnée du fléau nationaliste jusqu’à ca que les déséquilibres de la modernité occidentale ne viennent la pervertir avec la colonisation.


C’est à partir du milieu du XIXe siècle que cette idéologie s’est progressivement constitué en Europe et en Amérique du Nord. Les dirigeants des nouveaux États modernes, en héritiers de la Révolution, comprennent immédiatement l’importance du sentiment national et ils n’auront dés lors que la préoccupation du pouvoir qui leur est ainsi offert de manipuler les foules par l’exploitation de leur identification politique. Les candidats au « suffrage universel », dans les campagnes en vue de leurs élections, n’hésitent jamais à faire appel aux moyens les plus puissamment mobilisateurs, fussent-ils du plus bas niveau. En conséquence, la réduction du sentiment collectif d’un peuple particulier identifié par la propagande « démocratiste » à un État historiquement « pré-défini » par une tradition (telle que la religion chrétienne) a donné naissance au racisme ordinaire qui deviendra vite inséparable de toute conviction nationaliste.

En tant que projet politique, le nationalisme se superpose spontanément au  patriotisme jusqu’à l’absorber, et du reste, il faut bien admettre que ceux qui se revendiquent ouvertement comme nationalistes expriment un sentimentalisme qui s’affirme par une défense autoritariste de leur supposée identité collective. La volonté d’être reconnus dans leur légitimité ne se base que sur l’idée d’appartenir à une communauté de « haut lignage historique » assumant une destinée exceptionnelle excluant de la « communauté nationale » l’ensemble de ceux qui sont soupçonnés de contrarier ce projet. Cette attitude entretient nécessairement des tendances agressives favorables aux fractures sociales. Elle s’alimente essentiellement de discours identitaires et de défenses fantasmatiques autour de l’idée de progrès et de civilisation. Elle porte en elle les bases même du  sectarisme dont la mentalité pseudo-religieuse est sans cesse guettée par le fanatisme. Jacques Bainville, dans son Histoire de trois générations (1918), considérant les causes profondes de la Grande Guerre, fait lui aussi remonter l’origine du concept de nation à la Révolution française (2) et à son exaltation sentimentale. Il est certain que la mentalité religieuse qui composa si spontanément avec la « modernité » explique la rapidité du développement de ces idéologies soi-disant humanistes qui portèrent l’illusion française de la supposée bienveillance naturelle partagée par les peuples européens telle qu’elle est décrite par l’auteur de l’Histoire de France  (3). Il n’y a pas lieu de s’étonner que l’amoindrissement de la dimension traditionnelle du christianisme durant le XVIIe siècle soit à l’origine de l’émergence du nationalisme qui n’est au fond que le résidu des sentiments d’appartenance des peuples européens à la communauté chrétienne. Mais il y a plus encore à dire sur ce qui sous tend l’idée nationale. Dans Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, Guénon dit nettement que « la formation des ‟nationalités” est essentiellement un des épisodes de la lutte du temporel contre le spirituel », ce qui met à mal la sincérité des représentants du christianisme revendiquant ouvertement une ‟ identité nationale”. Pour ces derniers, il s’agit d’une affaire de politique et de culture prévalant sur toute spiritualité, même amoindrie à la seule dimension religieuse. Dans toutes les institutions nationales, on constate la présence d’idéologies « démocratistes » dont la notion de culture joue spontanément le rôle de propagande en continuité du prosélytisme tel qu’il se développa surtout dans les Missions en charge de l’évangélisation du christianisme qui précéda et prépara le colonialisme. Et il faut admettre que celui-ci n’a, dans toutes ses occurrences, plus aucune motivation désintéressée comme pouvait encore le manifester certaines congrégations de missionnaires. Ainsi, n’étant plus tempéré par la conscience spirituelle, le monde Chrétien et surtout Protestant, en cédant à la superstition imprégnant leurs communautés, l’ont par là même, livré à la pesanteur du progressisme matériel. L’histoire récente est saturée d’exemples nourris de ce faux enthousiasme pour le progrès matériel de l’Occident qui se sont soldés par des dérives extrémistes ; on peut considérer, par exemple, le délire paranoïaque d’Henri Massis (cf. son ouvrage Défense de l’Occident) comme l’exemple type d’un fantasme ethnocentrique qui se perpétue actuellement avec une dégradation manifestement malsaine.

 « Il serait à souhaiter que les Occidentaux, se résignant enfin à voir la cause des plus dangereux malentendus là où elle est, c’est-à-dire en eux-mêmes, se débarrassent de ces terreurs ridicules dont le trop fameux « péril jaune » est assurément le plus bel exemple. On a coutume aussi d’agiter à tort et à travers le spectre du « panislamisme » ; ici, la crainte est sans doute moins absolument dénuée de fondement, car les peuples musulmans, occupant une situation intermédiaire entre l’Orient et l’Occident, ont à la fois certains traits de l’un et de l’autre, et ils ont notamment un esprit beaucoup plus combatif que celui des purs Orientaux ; mais enfin il ne faut rien exagérer. Le vrai panislamisme est avant tout une affirmation de principe, d’un caractère essentiellement doctrinal ; pour qu’il prenne la forme d’une revendication politique, il faut que les Européens aient commis bien des maladresses ; en tout cas, il n’a rien de commun avec un « nationalisme » quelconque, qui est tout à fait incompatible avec les conceptions fondamentales de l’Islam. En somme, dans bien des cas (et nous pensons surtout ici à l’Afrique du Nord), une politique d’« association » bien comprise, respectant intégralement la législation islamique, et impliquant une renonciation définitive à toute tentative d’« assimilation », suffirait probablement à écarter le danger, si danger il y a ; quand on songe par exemple que les conditions imposées pour obtenir la naturalisation française équivalent tout simplement à une abjuration (et il y aurait bien d’autres faits à citer dans le même ordre), on ne peut s’étonner qu’il y ait fréquemment des heurts et des difficultés qu’une plus juste compréhension des choses pourrait éviter très aisément ; mais, encore une fois, c’est précisément cette compréhension qui manque tout à fait aux Européens. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que la civilisation islamique, dans tous ses éléments essentiels, est rigoureusement traditionnelle, comme le sont toutes les civilisations orientales ; cette raison est pleinement suffisante pour que le panislamisme, quelque forme qu’il revête, ne puisse jamais s’identifier avec un mouvement tel que le bolchevisme, comme semblent le redouter des gens mal informés » (Orient et Occident, ch. IV ; paru en 1924).

Comme toutes les idéologies particulières, l’idéologie nationaliste s’est répandue dans le monde oriental et extrême-oriental où il fut le vecteur de la mentalité mercantile des modernes en même temps que la cause de nombreux troubles et de massacres.

« Déclarons-le très nettement : l’esprit moderne étant chose purement occidentale, ceux qui en sont affectés, même s’ils sont des Orientaux de naissance, doivent être considérés, sous le rapport de la mentalité, comme des Occidentaux, car toute idée orientale leur est entièrement étrangère, et leur ignorance à l’égard des doctrines traditionnelles est la seule excuse de leur hostilité. Ce qui peut sembler assez singulier et même contradictoire, c’est que ces mêmes hommes, qui se font les auxiliaires de l’‟occidentalisme” au point de vue intellectuel, ou plus exactement contre toute véritable intellectualité, apparaissent parfois comme ses adversaires dans le domaine politique ; et pourtant, au fond, il n’y a là rien dont on doive s’étonner. Ce sont eux qui s’efforcent d’instituer en Orient des ‟nationalismes” divers, et tout ‟nationalisme” est nécessairement opposé à l’esprit traditionnel ; s’ils veulent combattre la domination étrangère, c’est par les méthodes mêmes de l’Occident, de la même façon que les divers peuples occidentaux luttent entre eux ; et peut-être est-ce là ce qui fait leur raison d’être. En effet, si les choses en sont arrivées à un tel point que l’emploi de semblables méthodes soit devenu inévitable, leur mise en œuvre ne peut être que le fait d’éléments ayant rompu toute attache avec la tradition ; il se peut donc que ces éléments soient utilisés ainsi transitoirement, et ensuite éliminés comme les Occidentaux eux-mêmes. Il serait d’ailleurs assez logique que les idées que ceux-ci ont répandues se retournent contre eux, car elles ne peuvent être que des facteurs de division et de ruine ; c’est par là que la civilisation moderne périra d’une façon ou d’une autre ; peu importe que ce soit par l’effet des dissensions entre les Occidentaux, dissensions entre nations ou entre classes sociales, ou, comme certains le prétendent, par les attaques des Orientaux  ‟occidentalisés”, ou encore à la suite d’un cataclysme provoqué par les ‟progrès de la science” ; dans tous les cas, le monde occidental ne court de dangers que par sa propre faute et par ce qui sort de lui-même » (La crise du monde moderne, p.73 -74 ; paru en 1927).

Le japon fut effectivement le « Cheval de Troie » de la mentalité occidentale en extrême-Orient et son influence depuis un siècle ne cessa de perpétuer le plan de destruction généré par le capitalisme mondial à l’égard des sociétés traditionnelles. Sur le plan de la barbarie, il faut reconnaitre que cette « nouvelle nation » a su rivaliser, en terme de cruauté avec les « groupements racistes » de l’Allemagne durant la seconde guerre mondiale. Une preuve supplémentaire venant s’ajouter au caractère sinistre du nationalisme.

 « (…) les Japonais, issus d’un mélange où dominent les éléments malais, n’appartiennent pas véritablement à la race jaune, et par conséquent leur tradition a forcément un caractère différent. Si le Japon a maintenant l’ambition d’exercer son hégémonie sur l’Asie tout entière et de l’‟organiser” à sa façon, c’est précisément parce que le Shintoïsme, tradition qui, à bien des égards, diffère profondément du Taoïsme chinois et qui accorde une grande importance aux rites guerriers, est entré en contact avec le nationalisme, emprunté naturellement à l’Occident – car les Japonais ont toujours excellé comme imitateurs – et s’est changé en un impérialisme tout à fait semblable à ce que l’on peut voir dans d’autres pays. Toutefois, si les Japonais s’engagent dans une pareille entreprise, ils rencontreront tout autant de résistance que les peuples européens, et peut-être même davantage encore. En effet, les Chinois n’éprouvent pour personne la même hostilité que pour les Japonais, sans doute parce que ceux-ci, étant leurs voisins, leur semblent particulièrement dangereux ; ils les redoutent, comme un homme qui aime sa tranquillité redoute tout ce qui menace de la troubler, et surtout ils les méprisent. C’est seulement au Japon que le prétendu ‟progrès”  occidental a été accueilli avec un empressement d’autant plus grand qu’on croit pouvoir le faire servir à réaliser cette ambition dont nous parlions tout à l’heure ; et pourtant la supériorité des armements, même jointe aux plus remarquables qualités guerrières, ne prévaut pas toujours contre certaines forces d’un autre ordre » (Orient et Occident, ch. IV ; paru en 1924).

 

Enfin la création du foyer national juif en Palestine, devenu en peu de temps un État matérialiste et ultra-moderne, vient confirmer le caractère conflictuel, destructeur et anti-traditionnel du nationaliste. D’ailleurs, contrairement à ce revendiquent certains « sionistes », cette volonté de se constituer en nation en fabriquant artificiellement un refuge à la diaspora juive pour mettre un terme au nomadisme, n’a véritablement rien à voir avec l’esprit sémite et on peut même sans exagérer considérer cette volonté de se conformer au progressisme comme une contrefaçon véritablement opposée en toupoint à cet esprit.

 

  

 

 

NOTES

 

 

(1)  « On a raison de dire que la formation de la ‟nation française”, en particulier, fut l’œuvre des rois ; mais ceux-ci, par là même, préparaient sans le savoir leur propre ruine ; et, si la France fut le premier pays d’Europe où la royauté fut abolie, c’est parce que c’est en France que la ‟nationalisation” avait eu son point de départ. D’ailleurs, il est à peine besoin de rappeler combien la Révolution fut farouchement ‟nationaliste” et ‟centralisatrice”, et aussi quel usage proprement révolutionnaire fut fait, durant tout le cours du XIXe siècle, du soi-disant ‟principe des nationalités” ; il y a donc une assez singulière contradiction dans le ‟nationalisme” qu’affichent aujourd’hui certains adversaires déclarés de la Révolution et de son œuvre. Mais le point le plus intéressant pour nous présentement est celui-ci : la formation des ‟nationalités” est essentiellement un des épisodes de la lutte du temporel contre le spirituel ; et, si l’on veut aller au fond des choses, on peut dire que c’est précisément pour cela qu’elle fut fatale à la royauté, qui, alors même qu’elle semblait réaliser toutes ses ambitions, ne faisait que courir à sa perte. » (R. Guénon ; ASPT, ch. VII)

  (2) C’est en effet à partir de la Révolution française que les peuples de l’Europe et de l’Amérique du Nord tendent à devenir des masses et que les guerres deviennent de véritables massacres dont les civils font toujours les frais. Bien qu’il n’en tira pas toutes les conséquences, Bainville avait bien vu la chose à propos de la guerre de 1792 dans son Histoire de France : « A d’autres égards, heureusement pour la France, c’était encore une de ces guerres d’autrefois où les armées étaient peu nombreuses, où les campagnes traînaient, où les batailles étaient d’ordinaire de simples engagements, où l’on ne portait pas de coups décisifs. C’est quand les guerres seront tout à fait nationales, de peuple à peuple, qu’elles deviendront vraiment terribles comme Mirabeau l’avait annoncé ».

(3) Il faut reconnaitre d’ailleurs que cette dernière étude historique nettement favorable à l’idée nationale aurait pu être accompagnée du sous-titre : « La naissance d’une nation ».

 


 

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META : un titre et un nouveau sigle pour « faceBook »


« La thèse ‟nominaliste” qui, en mathématiques, consiste à attribuer une vertu intrinsèque à la notation, et à croire qu’il est possible d’obtenir des résultats effectifs en opérant de simples changements de signes qui ne correspondraient à rien d’un ordre supérieur, n’est en somme qu’une illusion qui revient proprement à prendre le chiffre pour le nombre, c'est-à-dire, plus généralement, le signe pour la chose ou l’idée signifiée. » (R. G. : Notes inédites)


Trans/ Sub

Meta/ Infra

 « Meta » et « trans » ne sont pas des préfixes choisis par hasard. Il est important de conserver à l’esprit que leur usage à l’origine concerne exclusivement la spiritualité puisque la définition de la métaphysique par Aristote en a fixé le sens. Le préfixe « meta » dont la plupart des acceptions dérivées sont sémantiquement dégradées (tout comme celle du préfixe « trans » qui a subi lui aussi la même chute) a été délibérément détourné comme beaucoup d’autres termes dans le but inavoué de subvertir les mentalités. L’art diabolique de leurs inspirateurs est de tromper les foules avec toutes les apparences de la séduction. Sur ce point leur efficacité est redoutable. Garder le sens des proportions demeure la seule garantie contre les effets de la « falsification du langage ». D’ailleurs, se garder des illusions « trans-humanistes » et restituer le sens des terminologies ne peuvent qu’aller de pair si on a la volonté d’échapper au programme des agents manipulateurs du GAFASe conformant au courant de la « Grande Parodie » de civilisation qui émergea dans sa forme critique au début du XXe siècle, le projet Facebook, avec la complicité de ses adhérants, consiste à l’achever irrémédiablement par un processus sournois d’abstraction et de « dévitalisation » des relations sociales. La réalisation de ce projet spécial qui s’intègre au reset doit s’imposer mondialement. La ruse, pour détourner l’attention de ce dont il s’agit véritablement, consiste à diffuser par l’intermédiaire de tous les « réseaux sociaux » un état d’esprit passif et perméable à toutes les influences pour obtenir un résultat exactement inverse de tout ce qui est vanté publiquement par la « société du spectacle » et la propagande médiatique.

À tenir compte de la multiplication des « Signes des temps », on peut s’attendre désormais à un événement d’une ampleur sans précédent qui pourrait prochainement venir confirmer la chute mondiale des peuples dans l’infra-humanité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





mardi 4 janvier 2022

IBN ‘ARABÎ : Les ahl al-bayt et la sunnah des Compagnons du Prophète *

 

 

Des traductions approximatives du shaykh al-akbar, dans lesquelles le sens très précis qui fait tout l’intérêt de ses écrits n’y est pas toujours respecté, apparaissent régulièrement sur FaceBook, tel cet extrait des Futûhât al-Mekkiyah rédigé dans une syntaxe inégale et qui n'a suscitté aucune réaction. Le voici rectifié par A. T.

 

 

 

 

 

FUTÛHÂT AL-MEKKIYAH

Chapitre 55

 Sur la connaissance des suggestions psychiques (khawâtir) ‟diaboliques” 

 

 

  

 « Et ainsi, sont apparus les gens de l'innovation et des passions. Les démons ont projeté en eux une idée [litt. : un principe (açl)] juste (çahîh) dont ils ne doutaient pas. Mais, ensuite, surviennent des erreurs et des confusions (talbîsât : ‟équivoques, ambiguïtés, obscurités”) à cause de leur manque de compréhension (عدم الفهم) à tel point qu'ils s'égarèrent. Mais cela  se rapporte au shaytân par la force du principe (açl) [l’idée juste qu’il a projeté dans leur esprit afin de susciter en eux un spéculation erronée…], même s’ils avaient su que le shaytân, sur ces questions, est leur élève et apprend d’eux. Nombre de cas semblables se trouvent chez les shî’ites (shî’ah), notamment les Imâmîtes, de cette façon, les jinns diaboliques les ont d'abord séduit par le moyen de l'amour de la famille prophétique (âhl al-bayt) dans lequel ils se sont engagés avec force pensant qu’il y avait là l’acte d’amour le plus élevé pour se rapprocher d’Allâh. Ce serait le cas s’ils s’en étaient tenus là sans rien ajouter. Or, ils ont dévié de l'amour de la famille prophétique pour se fourvoyer dans l'une des deux voies suivantes : parmi eux se trouvaient ceux qui ont cédé à la haine et l'insulte des Compagnons du Prophète, du fait qu’ils ne leur ont pas reconnu la précellence, en s’imaginant que les « Gens de la Maison » méritaient davantage ces dignités dans ce bas-monde (manâçib dunyawiyya). Mais il est bien connu qu’il y en a certains  parmi eux, qui sont allés encore plus loin, en diffamant le Messager d’Allâh, [l'ange] Jîbrîl et Allâh, en plus d'insulter les Compagnons, dans la mesure où ils n’ont pas indiqué l’importance de leur degré et leur précellence dans la lieutenance spirituelle (khilâfa) à l’égard des gens au point que certains d'entre eux sont allés jusqu'à scander : ‟Celui qui a envoyé ‟le digne de confiance (al-âmîn)”, était lui-même indigne de confiance”. Bien que tout ceci soit né et se soit développé à partir d'un principe de base sain [‟ l’idée juste” dont il a été question plus haut], à savoir l'amour de la famille prophétique, ce qui en a dérivé et qui est sorti de leur attention était déséquilibré et défectueux. Ainsi, ils se sont égarés et ont trompé les autres. Par conséquent, observez et considérez ce à quoi mène l'exagération dans la religion ! Voyez comment cela les a conduits bien au-delà de la limite, et de leur intention initiale [qui était de montrer leur amour sincère pour la famille prophétique] avec l'effet inverse à celui escompté. Le Très-Haut, dit : ‟Ô gens du Livre, n'exagérez pas dans votre religion, en vous opposant à la vérité. Ne suivez pas les passions des gens qui ont égaré beaucoup de monde et qui se sont écartés du chemin droit” (Al-Mâidah, 77). »

 

 

 

Commentaires de cette traduction corrigée par Abdallâh T. 

« Ibn ‘Arabî explique en résumé, au début de ce chapitre 55 portant « sur la connaissance des suggestions psychiques (khawâtir) ‟diaboliques” », que les démons  projettent dans l'esprit des humains une suggestion de type « mental (manawwî) », sous la forme  d’« idées générales -littéralement : des choses (umûr)- » et positives, mais à partir desquelles le mental humain va produire des spéculations erronées. Les démons, dit-il, ne connaissent pas eux-mêmes ces conceptions erronées que va produire le mental des hommes mais ils savent que les « idées générales » insufflées sont suffisamment puissantes et significatives pour que la pensée humaine les examine en détail jusqu'à produire des interprétations fausses dont ils perdront le contrôle. Au départ de ce processus, il y a ce qu’Ibn Arabî appelle un « principe (ou une idée) juste » (açl çahîh), qui va être perdu dans les spéculations et réflexions (tafaqquh) désordonnées de la pensée humaine jusqu'à produire des erreurs. Ce qui est original dans cette conception d’Ibn Arabî, c'est que le diable ne connaît pas les erreurs qui vont être produites par l'esprit des hommes à partir de la suggestion (l’‟idée générale” ou le ‟principe juste”) qu'il leur a inspirée, de sorte, dit-il, que quand l'âme humaine produit des spéculations erronées, le diable les apprend d'elles... C'est donc cette conception de la suggestion satanique de type mental qu'il applique aux shi‘ites, comme l'explique le passage cité : le « principe juste », c'est la vénération des « Gens de la Maison », que le diable inspire aux gens. Ensuite ils produisent à partir de cette idée juste des conceptions erronées (pour Ibn ‘Arabî et les ‟sunnites” en tout cas...) : l'éminence d’‘Alî et la doctrine des Imâms,...etc. Au début du passage, le traducteur fait un contresens sur le mot açl en disant: « Certes, les influences diaboliques (shayâtîn) ont guetté leurs saines intentions sans qu’ils ne le soupçonnent en raison de la nature de son pouvoir », là où on lit simplement : « Les démons ont projeté en eux une idée [litt. : un principe (açl)] juste (çahîh) dont ils ne doutaient pas ». Et plus loin, il refait le même contresens, en disant : « Néanmoins, cela provient de Satan, du fait de son statut [lui appartenant en propre] (بحكم الأصل) [bi hukm al-açl] même s'ils savaient que Satan était [directement responsable dans ces choses-là, s’instruisant de leur propre cas (c’est à dire de leurs intentions)] » (phrase qui ne veut rien dire...), là où il est dit : « Mais cela  se rapporte au shaytân par la force du principe (açl), même s’ils avaient su que le shaytan, sur ces questions, est leur élève et apprend d’eux ». Il n'est pas question ici du « pouvoir » ou du « statut » du diable, mais de celui de l'idée juste qu’il insuffle au départ dans l’esprit des gens, lesquels, comme on l'a dit plus haut, vont produire des erreurs que le diable va découvrir lui-même, c'est pourquoi Ibn ‘Arabî dit que « sur ces questions », il est « leur élève et apprend d'eux », ce qu’évidemment les shi'ites visés  ici ne sont pas censés savoir... l'idée est que même s'il savaient que le diable est à leur écoute, ce serait toujours non pas le diable mais l’ « idée juste » qu'il a inspiré dans leur esprit qui est la cause de leur erreur... »

 

 


 

 

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Âhl al-bayt

 

LA MAISON DU PROPHÈTE

À propos de l’ouvrage de Claude Addas, la Maison Mohammadienne, que nous avons recensé sur ce blog*, C. A. Gilis a rédigé et publié, en 2015, une plaquette titrée : La Maison du Prophète selon René Guénon (éd. Le Turban Noir). Il y développe des considérations intéressantes avec quelques critiques justifiées dont certaines s’apparentent aux nôtres. Par contre, alors que notre compte rendu mentionnait des passages accompagnés d’appréciations positives – notamment les traductions de l’auteur –, Gilis ne voit dans cet ouvrage, certes très universitaire, que la volonté « d’occulter la présence et l’influence de l’autorité ésotérique suprême afin de favoriser les desseins de la subversion occidentale », ce qui expliquerait, toujours selon Gilis, l’éviction de toute référence à « l’enseignement de René Guénon et Michel Vâlsan ». Sans nous faire l’avocat de C. Addas, nous doutons que l’absence de référence à Guénon et Vâlsan soit d’avantage qu’une simple absence d’affinité à l’égard de ces deux auteurs ; contrairement à son père, Addas a toujours fait preuve d'une influence de nature mystique et universitaire. Si l’on passe outre ce jugement agressif formulé sans appel, on reconnaitra que les précisions symboliques apportées par l’auteur, qui représente l’essentiel de son texte, ne sont pas négligeables. Nous en recommandons naturellement la lecture à ceux qui désirent approfondir leur méditation sur le prophète Mohammad (qsrh) et les âhl al-bayt. Nous ne nous arrêterons pas sur le rappel préliminaire très gilisien du fameux conflit concernant la présentation et l’annotation valsanienne des Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, mais plutôt sur l’incongruité du titre de cette plaquette : à notre connaissance, Guénon n’a jamais mentionné spécialement la Maison Mohammadienne dans son œuvre, et ici, en dehors d’une application analogique très pertinente au demeurant de l’article El-Arkân (SSS, p. 279), aucune citation, ni aucune référence ne figure dans cette Maison du Prophète pour venir justifier un point de vue selon René Guénon.

* 28  septembre 2016 – La Maison Mohammadienne (Claude Addas, éd. Gallimard 2015.

  

 

mardi 10 août 2021

1moharram 1443 / 10 août 2021 -- « Les trois R » - Doriphorie 2022 -


 

 


  

 

LA MALÉDICTION

DES

« TROIS R »

 

 

 

 

 

« Il serait nécessaire de marquer nettement l’étroite solidarité qui existe entre ces trois idoles de l’esprit moderne : Renaissance, Réforme, Révolution, et de montrer qu’il y a entre elles un enchaînement logique, une continuité qui ne permet pas de les séparer si on veut en comprendre la signification profonde, car elles ne sont que les manifestations successives d’un même esprit de négation (qu’on peut justement qualifier de « satanique », car « satanisme » signifie proprement négation, inversion, destruction). Les trois termes de cette trilogie (appelons-les abréviativement « les trois R » pour en synthétiser la corrélation d’une façon plus saisissante) forment un tout, un bloc qu’il faut accepter ou rejeter intégralement ; et, si on a reconnu la nécessité de combattre ce dont ils sont l’expression historique, il ne faut pas s’arrêter à mi-chemin, mais il faut remonter jusqu’à l’extrémité de cette chaîne, où l’on a plus de chances qu’en aucun autre point de trouver la marque caractéristique des influences plus ou moins obscures qui ont présidé à la soi-disant « évolution » du monde occidental moderne. »

(R. Guénon, « Notes inédites ».)

 

 

 

 Exemple de psychopathologie collective engendrée par l’esprit des « trois R » :

 

« Les dernier secrets du goulag » ; (entretien avec Anne Applebaum)

 

A. A. : « les premiers camps apparaissent en Russie quelques mois après la révolution. Dés l’été 18, Lénine et Trotsky décidèrent de faire interner des « ennemis de classe » dans des « camps de concentration ». En fait ils emploient le terme allemand de konzentrationslager, ou kontslager, qui vient, semble-t-il, de la terminologie employée au début du XXe siècle en Afrique du Sud. La Tcheka (police politique) est chargée d’y enfermer « des représentants importants de la bourgeoisie, des industriels, des marchands, des prêtres contre-révolutionnaires et des officiers anti soviétiques ». Fin 19, on compte déjà 21 camps, un peu plus tard 107. Mais il ne s’agit là que de balbutiements de ce qui sera, finalement, le vrai goulag. Les premiers goulags ne sont que des instruments de répressions politiques. Staline, lui, va assigner à ces kontslager un autre objectif ; transformer ces camps en d’inépuisables réservoirs de main-d’œuvre forcée. 

L’idée lui est venue par un personnage étrange, appelé Nephtali Frenkel, originaire de Haïfa en Palestine. Il est arrêté en 23 pour marché noir puis envoyé au célèbre camp des îles Slovenski, dans la mer blanche. Et figurez-vous qu’il en devient très vite...le commandant. Car il réussit à faire croire à Moscou qu’il est capable de gérer un kontslager comme une entreprise, qu’il peut le transformer en une affaire dynamique et rentable. Comment ? En imposant aux détenus une règle atroce : vous manger en fonction de ce que vous travaillez. Il calcule les rations de nourriture, du pain essentiellement au prorata de la besogne accomplie. Autrement dit, il remplace le knout (fouet que l’on utilisait sous le régime impérial pour flageller les criminels) par la faim. Staline est fasciné par cette méthode qu’il juge infaillible. Du coup, il va placer l’esclavage au cœur de sa politique économique. (...) »

 (Nouvel Observateur, n° 2244.)


 

On pourrait objecter que l’orientation politique de Mme Applebaum discrédite sa « critique des faits » retenue contre le régime soviétique. De notre point de vue, c’est au contraire une position plutôt avantageuse pour en valider la pertinence car pour bien voir les travers d’une politique de droite rien n’est plus fiable que d’avoir recours aux critiques des politiques de gauche. D'ailleurs, en opérant une synthèse des critiques réciproques de ces deux idéologies, on obtient de facto un rapport des plus précis sur l’état de « non-civilisation » du monde moderne (et « post-moderne », il n'y a pas de différence entre les deux), et in fine, sur son absence d’avenir. Toujours de ce point de vue, sous le rapport de la monstruosité psychologique, il serait bien difficile de ne pas admettre une équivalence de la mentalité protestante américaine avec celle de l’esprit marxiste des soviétiques. En outre, l’action combinée et alternative de ces deux forces opposées et irréductibles ne peut, à l’instar du régime socialiste, que renforcer le statut hégémonique du capitalisme mondialisé et il est même possible de conclure que c’est là précisément que réside la fonction de tout ce qui est susceptible de s’y opposer. Notons enfin que le nationalisme et le socialisme sont des héritages directs de la Révolution française. A ce titre, toutes les idéologies composant avec quelque nationalisme que ce soit sont intrinsèquement marqué du sceau des « trois R ».

 

 

 

 

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 LA PREMIÈRE « DORIPHORIE » DU XXIe SIÈCLE

- L’année 2022 –

 


 (Ce texte a déjà été mis en ligne le 27 safar 1439 / 15 novembre 2017 : Doriphorie 22)

 

Dans l’une de ses trois plaquettes* consacrée à la science astrologique, Michel de Socoa (Luc Benoist) avait défini les cycles cosmiques en relation avec les cycles planétaires et les grandes conjonctions dont il avait relevé les différentes positions de la période allant du début de l’ère chrétienne à l’An 2000. Il avait en outre érigé le thème de douze doriphories qu’il définissait comme « des conjonctions de conjonctions particulièrement importantes et traditionnellement d’effets redoutables » et notait à ce sujet que « les années 55, 1351, 1989 sont tout à la fois des années cycliques et des années de doriphories ». Il présentait un tableau des 29 doriphories qui ont jalonnées l’histoire de cette période en précisant que « plus le siècle s’agite relativement au nombre de doriphories qu’il comporte, plus il se caractérise par des transformations et des révolutions ». Les deux dernières grandes doriphories du XXè siècle étaient relevées par De Socoa, respectivement pour Berlin, le 23 avril 1941 à midi (correspondant à la seconde guerre mondiale), et pour Moscou, le 26 décembre 1989, dont il n’eut pas le temps de constater les « effets** ». Depuis, bien qu’aucune conjonction vraiment marquante ne se soit produite, les choses se sont considérablement dégradées et la constance du désordre pourrait bien subir encore d’irréversibles modifications à l’occasion de la prochaine grande conjonction qui aura lieu au mois de février 2022 autour du Signe du Verseau. Dans le thème de cette conjonction reproduit ici, nous pouvons distinguer l’écart qui augmente entre les trois planètes trans-saturniennes ; désormais la conjonction d’au moins deux d’entre elles plus ou moins équivalente à la dernière doriphorie du XXè siècle ne se renouvellera pas avant longtemps (leurs révolutions étant, pour Uranus, de 83 ans ; Neptune, 165 ans et Pluton, 248 ans).

Malgré qu’il n’y ait pas lieu en Astrologie traditionnelle de tenir compte des planètes découvertes par les moyens de la technologie moderne, Luc Benoist, dans sa correspondance avec Guénon, lui faisait remarquer qu’elles sont susceptibles de correspondre avec certains aspects du monde moderne, notamment du point de vue de l’astrologie mondiale, ce que Guénon n’a pas démenti (la remarque de Luc Benoist ne concernait que les considérations des trans-saturniennes en astrologie mondiale).

 

Thème monté pour Washington le 28 février 2022 à midi :

 

 

 

 

De Socoa signalait encore que les doriphories qu’il avait retenus « se distribuent sur tous les signes excepté le Verseau et les Poissons ». Ors, c’est précisément autour du premier de ces deux Signes que se regroupent ici toutes les planètes du septénaire traditionnel, depuis le 25ème degré du Capricorne avec la conjonction Vénus-Mars, jusqu’au 13ème degré des Poissons. Cette conjonction inclue la trans-saturnienne Pluton mais elle s’élargit jusqu’au 25ème degré des Poissons si l’on tient compte de Neptune. Quant à la position d’Uranus, à 16° du Taureau, bien que ne s’associant pas à cette grande conjonction, elle reste malgré tout menaçante par le carré qu’elle envoie au Milieu du Ciel conjoint à la Lune, à Mercure et à Saturne. L’Ascendant de ce thème tombe dans le Signe des Gémeaux qui correspond, en astrologie mondiale, aux Etats-Unis. Pour ce qui est des significations du verseau, il convient naturellement de retenir ici qu’elles sont liées aux innovations d’ordre technique que « les progressistes » qualifient de révolutionnaires ; Uranus est donné par les modernes comme le second maître de ce Signe traditionnellement sous la domination de Saturne. Pour ceux qui ne pourront se procurer cette plaquette, voici un résumé du chapitre VI concernant les différentes significations par Signe des doriphories dont De Socoa a relevé les positions :

 « Les doriphories qui intéressent le Cancer correspondent à des évènements particulièrement essentiels dans le domaine traditionnel, à la fois quant aux biens terrestres et quant aux idées fondamentales du groupe humain. Celles du Lion intéressent le pouvoir ; celles de la Vierge sont importantes quant aux liens d’unité intellectuelle comme d’ailleurs celles des Poissons. Celles de la Balance possèdent un caractère de bénéficité et de paix qui correspondent à des époques de stabilisation et d’expansion. Avec le Scorpion, nous revenons aux temps durs de transformation brutale et de corruption dans tous les domaines, tandis que celles du Bélier influencent le despotisme exercé par le fer et par le feu.

Celles qui touchent le Taureau visent le domaine très matériel des biens de ce monde et leur distribution nouvelle. Enfin les doriphories du Capricorne sont parmi les plus déterminantes. Ce sont d’ailleurs deux de celles-ci qui terminent le second millénaire de l’ère chrétienne, et qui semblent présider à une reconstitution totale de la figure du monde ».

 

  

* Les grandes conjonctions ; Éditions traditionnelles, Paris 1981.

** On parle souvent d’ « effets », mais il serait plus juste de parler de « correspondances analogiques » entre le « macrocosme » et le « milieu terrestre » et non d’« effets » à proprement parler.

 

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  Abyssus abyssum invocat

 

 Il est naturel que les planètes de notre système solaire se retrouvent régulièrement rassemblées dans un secteur plus ou moins restreint du zodiaque. D’un point de vue astrologique, ces « conjonctions de conjonctions » annoncent une plus grande intensité durant la période comprise entre le début de l’accroissement de la doriphorie jusqu’au terme de sa décroissance. Il faut bien comprendre que, si une tempête ne peut menacer l’équipage expérimenté d’un bon navire, de même, les turbulences occasionnées par ces conjonctions ne peuvent atteindre l’équilibre d’une civilisation traditionnelle. Il en va autrement dans des temps de crise tel que celle que nous connaissons actuellement qui concerne tous les Etats modernes de la « Démocratie » où domine l’esprit de négation spirituelle. Que dire d’un vieux navire pris au cœur d’une tornade dont on aurait cru bon de scier les mats et d’enrouler les voiles dans la cale ? L’état général de nos sociétés mondialisées ressemble à cette situation critique. On peut être certain que l’anarchie à l’origine des « trois R » évoqués ci-dessus sera la cause des vicissitudes qui vont correspondre au temps cyclique de cette prochaine doriphorie qui, en elle-même, n’est rien de plus ni moins qu’une modalité astronomique rythmant périodiquement notre condition temporelle.

 MR

  






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